« L’avenir est à l’étranger »


Le ministre s’est exprimé en faveur des délocalisations hors de l’Europe – pour sauver les emplois nationaux

DISCOURS DE M. DIETER POSCH, MINISTRE DE L’ÉCONOMIE, DES TRANSPORTS ET DU DÈVELOPPEMENT DU LAND DE HESSE,

  • compte-rendu du 9 février« Nous nous trouvons toujours dans la crise. »Tel était le diagnostic du ministre de l’Économie de Hesse sur la situation économique entre Kassel et Darmstadt, Wiesbaden et Fulda. Un an, presque jour pour jour, après sa nomination à la tête du ministère qu’il avait déjà dirigé de 1999 à 2003, Dieter Posch dressait un bilan de « Hessens Aussenwirtschaft im Wandel » devant des auditeurs francophones.

    M. Posch a souligné devant les quelque 70 personnes invitées par le Club des Affaires de la Hesse, que la France et l’Allemagne auraient les mêmes obstacles à surmonter, pour regagner au moins une légère croissance de leurs PIB. Ce sera au plus tôt au cours de l’année 2011 que la Hesse pourrait compter atteindre un taux de croissance équivalent aux chiffres de 2008.

    « Les 3 à 4 % appartiennent au passé », a souligné M. Posch. « Déjà maintenant, la Chine, l’Inde, la Russie et le Brésil représentent un quart de la production économique dans tout le monde. C’est dans ces pays que 50 % de toute la croissance mondiale se concentrera sous peu. La plupart de leurs produits ne seront fabriqués demain ni en Allemagne, ni en France. »

    La question essentielle, selon M. Posch, est de savoir comment les entreprises doivent réagir à ce développement. Le ministre table sur une « croissance qualifiée » basée sur des produits nouveaux qui ne peuvent pas encore être construits dans les pays émergents.

    EN BREF: Les deux plus grandes économies en Europe peuvent rester concurrentielles avec la Chine, l’Inde, la Russie et le Brésil – sous prétexte qu’ils encouragent l’innovation au sein des entreprises.

    La conclusion du ministre de l’économie de la Hesse : « Nous devons convaincre les petits et moyens entrepreneurs de produire et commercer davantage avec l’étranger ». M. Posch : « Je suppose que, en France comme chez nous en Allemagne, chaque délocalisation à l’extérieur de l’Europe sauvegardera aussi des emplois nationaux. »

    L’avenir serait donc à l’étranger lointain. D’autant plus que deux tiers du commerce extérieur de la Hesse se font déjà avec des partenaires provenant de l’UE.

    M. Posch a annoncé que le ministère dans son « land » venait d’organiser ou envisageait dans les mois prochains des voyages de délégués vers des destinations plus ambitieuses : on cherche des relations plus fructueuses avec Moscou (dont surtout le marché financier paraît attrayant) et avec l’Amérique du Sud (où le grand marché du Brésil suscite les intérêts économiques).

    Début mars, un secrétaire d’État sera chargé d’une visite en Alger, et le ministère de Wiesbaden s’est en outre décidé à l’accompagnement et au soutien d’investisseurs allemands intéressés par la Chine et le Vietnam.

    La petite Hesse voit sa propre force et son avenir économique, tant envers la France où vont tout de même 9 % des exportations, qu’envers d’autres marchés de l’Europe centrale qui suscitent toujours des espoirs de distribution importants, dans trois grands secteurs clés – à savoir les technologies vertes, l’informatique, et la mobilité électronique. Le taux d’exportations dans ces domaines serait de 70 à 80 %, a précisé M. Posch.

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