Le vrai défi se relève à terre


ICI, LES AVIONS NOUS APPELLENT AU LARGE. MAIS, GRANDE SURPRISE : peu importe réellement au Frankfurt Airport que ses passagers décollent ou atterrissent.

Le plus grand aéroport de l’Allemagne ne profite pas tant des ventes de tickets – mais du commerce effectué dans ses «Airport Cities» et du facility management, précise Peter Schmitz. C’est à terre et sur place que se feraient les meilleures affaires: « Nous sommes chargés de gérer toute une ville, et en particulier, nous commercialisons les biens-fonds dans l’aéroport », dit-il.

Dans un discours devant le Club des Affaires de la Hesse, le directeur opératif chez Fraport révélait le fonctionnement intime du plus grand employeur de la région. Avec plus de 70 000 personnes qui travaillent dans le domaine (dont 13 000 chez l’opérateur Fraport), l’aéroport est aussi le principal employeur d’Allemagne à un seul endroit. Voilà pourquoi l’intervenant avait choisi de parler à juste titre du «Flughafenausbau als nationale Aufgabe».
Airport Frankfurt (Ortsschild)
Géré par la société anonyme Fraport AG, c’est le quatrième aéroport d’Europe. Francfort dessert le plus grand nombre de destinations internationales – derrière l’aéroport d’Amsterdam, l’aéroport Charles de Gaulle et l’aéroport de Heathrow (Londres). En concurrence avec ce dernier, l’aéroport de Francfort se vante d’une supériorité logistique, avec une arrivée plus certaine des bagages, et d’une connectivité exceptionnelle.

C’est à dire, en chiffres : 119 lignes aériennes desservent presque 300 destinations, situées dans 110 pays du monde entier.

À cet effet, Francfort comprend actuellement deux terminaux, dont le premier serait devenu «très impopulaire», selon Peter Schmitz. «À l’occasion de l’ouverture de notre premier terminal en 1972, le troisième président de la République Fédérale d’Allemagne, Gustav Heinemann, parlait encore de mégalomanie.» Aujourd’hui, le terminal semble périmé et manque de place.

C’est avec jalousie que les préconisateurs d’une expansion des lieux d’atterrissement louchent sur Munich et sur Madrid, où ont récemment été construits de très modernes aéroports en pleine campagne. Schmitz : «Construire comme nous au milieu d’une structure existante qui reste en service est un énorme challenge – voire, un affront.»

Arrivé en 2001 à la direction des services au sol chez Fraport, Peter Schmitz est très soucieux d’anticiper le développement du transport aérien. Car, la gestion du Frankfurt Airport doit prendre en compte aussi la protection de l’environnement ou la qualité de vie des riverains.

Tâche compliquée dans une métropole qui n’excède pas les 700 000 habitants. La ville est petite et très proche. «Ainsi, nous ne pouvons pas balancer les intérêts avec un simple algorithme», précise M. Schmitz. «Il paraît possible que les juges d’État nous accorderont en septembre, au mieux, 17 vols de nuit. Les avions-cargo en seront les principals concernés. »

Abattage d'arbres pour la nouvelle piste

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Les concurrents des grands aéroports européens dans les Émirats arabes unis se moquent de tels soucis : À Dubai, ils construisent en ce moment 6 voies de départs, pour quelques 120 000 unités de transport.

Mais le vrai défi se relève pour Schmitz à terre : le point fort de Francfort serait son aptitude aux réunions d’affaires et son extrême orientation commerciale. «En effet, beaucoup des voyageurs d’affaires ne restent que pour une conférence. Ils nous font souvent savoir que c’est là que Francfort l’emporte sur les autres destinations.»

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