Interdépendances fatales: nature, gouvernance, pauvreté


Il est difficile d’aider les États fragiles à s’armer contre les dangers à la suite du changement climatique. Les événements météorologiques extrêmes prolifèrent dans tout le monde, et les acteurs de l’aide urgente dans les pays en développement doivent tenir compte du fait que l’homme et la nature … sont connectés.

Les catastrophes dites naturels causent des dommages toujours plus grands. Le Rapport Mondial des Risques (WorldRiskReport 2012) publié par l’alliance de plusieurs réseaux d’aide au développement en Allemagne Bündnis Entwicklung Hilft souligne des interdépendances presque surhumaines à affronter par la communauté internationale.

Quand des récifs coralliens disparaissent, quand les forêts tropicales diminuent ou quand les rivières sont détournés, ce n’est pas seulement la nature qui souffre. Sans récifs, sans arbres et sans rives humides, les raz-de-marées, ouragans et sécheresses frappent l’homme lui-même plus fort, soulignent les scientifiques.

INDEX MONDIAL DES RISQUES – 2012

Le nouvel index repose sur une évaluation des dangers de catastrophes naturelles dans 173 pays, tenant compte de la sécurité alimentaire, de la qualité des routes, de l’efficience administrative, de l’assistance médicale, et de bien d’autres critères liés aux effets d’une catastrophe naturelle. Les experts partent du principe que les pays moins avancés sont en proie particulière de ces effets.

International Alert, une organisation non-gouvernementale basée à Londres, met pourtant en garde que les États fragiles doivent être mis en état de « réagir individuellement à tous les risques, en fonction de leurs besoins spécifiques ». À en croire son expert de politique climatique, Janani Vivekananda, les acteurs internationales ne prennent pas suffisamment en compte des enjeux locales. Ainsi, par exemple, le riz livré des années durant comme aide alimentaire au Népal, a fini par constituer une nouvelle denrée alimentaire de base – avec des conséquences fatales. Car la culture du riz exige plus d’eau que disponible, suscitant sur place des conflits sociales.

Entraînement d’hygiene, Haïti  – WELTHUNGERHILFE

En Haïti aussi, les experts reprochent à la communauté internationale d’avoir ignoré les séquelles, malgré des dons records après le tremblement de terre en 2010. Deux mois après le désastre, l’organisation allemande Welthungerhilfe avait déjà réclamé de prendre soin non seulement des infrastructures, mais aussi du propre pouvoir des habitants – c’est à dire de leur autonomie politique nécessaire pour l’avenir (voir D+C 2012/02). Un prêche dans le désert, selon Ulrike von Pilar, fondatrice de Médecins Sans Frontières en Allemagne : « C’est un scandale que deux années plus tard, Haïti ne dispose toujours pas d’un système local de base pour faire face au nouvel éclatement du choléra, il y a quelques semaines. »

Les organisations de la société civile réprouvent en plus l’impact énorme des médias visuels. Trop souvent, la grande couverture d’un tremblement de terre, d’un ouragan ou d’une inondation, pousse les spectateurs à donner des sommes énormes. Mais pour être un remède durable, il manque autre chose. Lors d’une conférence organisée par la Fondation pour le Développement et la Paix (SEF) à Berlin en septembre, Marcus Oxley, responsable de GNDR, une organisation britannique indépendante pour la Prévention Internationale des Catastrophes, a souligné qu’il était nécessaire d’organiser aussi des mesures régionales à petite échelle, qui passent rarement à la télévision.

Compte tenu du nombre croissant des catastrophes naturelles, les gouvernements doivent réagir de plus en plus rapidement. Par conséquence, leurs dirigeants tendent à passer sur la cohérence des choses, traitant les problèmes de l’extérieur, précisent deux associations de ONG européens, VOICE et CONCORDE. Elles recommandent dans un feuille de route de « Lier Urgence, Réhabilitation et Développement ». Pour que la politique de développement s’engrène avec l’aide humanitaire, surtout dans les États fragiles et particulièrement exposés, il faudrait :

  • établir un plan d’action détaillé sur la concertation Européenne des cibles immédiates et long-termes, avec des objectifs quantifiables,
  • assurer que cette approche holistique s’applique aussi sur l’ensemble de l’aide d’urgence de l’Union Européenne, et
  • assurer une meilleure intégration de la société civile locale.

Les défis sont énormes. « Nous n’avons pas réussi à empêcher le changement climatique » , explique Maarten van Aalst, expert d’évaluation pour la Croix-Rouge Internationale, « c’est à dire que nous devons réparer maintenant les dégâts qu’il cause. »

LIENS

Fondation pour le Développement et la Paix (SEF)
http://www.sef-bonn.org/en

Rapport des Risques Mondiaux 2012
http://www.weltrisikobericht.de

VOICE / CONCORD: « Linking Relief, Rehabilitation and Development »
http://www.ngovoice.org/documents/view.php?title=VOICE CONCORD position paper Linking Relief Rehabilitation and Development-July 2012.pdf

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